Jeunes femmes douarnenistes…d’une délicatesse rare et …l’élégance de leur allure!

L’artiste-peintre Amédée BESNUS a écrit: « Mes relations d’artiste », voici ce qu’il écrit des jeunes douarnenistes en 1888 lors de sa visite à François Dellobe, autre artiste séjournant à Douarnenez:

Noce à Douarnenez [Ploaré?]
Traversée du Pont

« Mais que dire des Douarnenéziennes – Douarnenistes – sinon que le type est d’une délicatesse rare, et que l’élégance de leur allure les ferait envier de plus d’une Parisienne. J’ai assisté sous le porche de l’église à la sortie d’une noce dont le souvenir m’est resté.

La mariée marchait en tête, superbe fille, finement découplée et vêtue comme elle l’était de blanc, la gorge emprisonnée de satin, avec le long châle de tulle brodé à jour et le bonnet aux coins envolés, elle ressemblait à une gracieuse mouette qui s’apprêterait à prendre son vol; son mari, beau gars, solide, lui faisait opposition avec sa redingote noire agrémentée d’un énorme bouquet enrubanné, et coiffé d’un haut de forme. Les dames de la noce suivaient aux bras de leurs cavaliers, tous plus ou moins loups de mer, réjouissant les yeux par la variété de leurs robes lilas ou bleu céleste, vert doré, rose tendre, etc., avec toujours le long voile blanc léger et brodé à .grands dessins à ramages ce long voile, retenu sur les épaules en laissant le cou bien à découvert, est, plus encore que le coquet bonnet, comme la signature des femmes de Douarnenez.

C’était pourtant simplement la noce d’une sardinière, cossue, il est vrai; mais figurez-vous les sardinières, en général, lui ressemblant par la sveltesse de leur démarche, s’en revenant des sardineries en bandes, faisant un bruit singulier avec leurs sabots obligés; et chantant en patois des chansons du pays. Le soir, il est curieux d’assister en se dissimulant, à leurs divers travaux pour la préparation de la sardine ce travail se fait en cadence, toujours en chantant des sortes de cantiques, partie religieux et …partie risquée, suivis de rires clairs qui vont se répercutant jusqu’aux profondeurs de l’usine.

Les mœurs sont bien un peu légères, mais les principes sont honnêtes, et puis, la religion est si bonne fille!«